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Serviettes hygiéniques gratuites dans les toilettes pour lutter contre la précarité menstruelle

distribution gratuite protections periodiques« Une jeune fille sur trois en Île-de-France ne change pas suffisamment de protection ou a recours à l’utilisation de protections de fortune ». C'est ce que rappelle Valérie Pécresse, s’appuyant sur un sondage de l’Ifop réalisé en 2019. « Et certaines lycéennes renoncent à venir au lycée faute de protection », insiste la présidente de région pour motiver l’une des annonces de rentrée : la mise disposition gratuites de protections « bio ».

Un déploiement progressif

Le déploiement démarrera par une trentaine de lycées cet automne. Il se généralisera durant l’année scolaire. L’approvisionnement a aussi été réfléchi, comme l’explique Angèle Dequesne. Elle a repéré sur internet l’entreprise de Gaële Le Noane, Marguerite & Cie, qui a déjà installé des distributeurs à l’université de Rennes. Cette ancienne orthophoniste propose des box de protections périodiques en coton 100% biologique, sans pesticides, sans chlore et sans plastique. « Quand j’ai vu les études sur la dangerosité des protections périodiques, je me suis dit : il existe du bio alors pourquoi ne pas en utiliser ? J’ai lancé une box des protections périodiques en 2017 en me fournissant auprès de la marque Natracare. C’est une box solidaire à 9 euros. Pour chaque achat, on donne à l’ASDF-Agir pour la Santé Des Femmes, qui distribue des kits d’hygiène à des femmes en situation de grande précarité et d’isolement. Les deux premières années étaient un peu difficile pour le financement. Maintenant je reçois des offres de partout« , confie Gaële Le Noane.

Le distributeur qu’elle a mis en place dispose de recharges pour que les produits ne soient pas manipulés. Chaque association sera responsable des stocks d’un distributeur. « Au début certains avaient des a priori, craignant que des gens se servent tout de suite et qu’il ne reste rien. Mais je ne pense pas que ce sera le cas, au contraire », estime Elias Troumi, membre de la Fédération des Associations de Créteil.

« Si d'ici la fin de cette année, l'opération est concluante, nous élargirons à l'ensemble des lycées pour un coût d'1 million d'euros », assure Valérie Pécresse.

 

Les premiers lycées concernés

  • Paris : lycée Marie-Laurencin (Xe), lycée Armand-Carrel (XIXe), lycée Paul-Poiret (XIe), lycée Carnot (XVIIe)
  • Hauts-de-Seine : lycée Guy-de-Maupassant (Colombes)
  • Seine-Saint-Denis : lycée Nicolas-Joseph-Culot (Neuilly-sur-Marne), lycée Blaise-Pascal (Villemomble), lycée Maurice-Utrillo (Stains), lycée Jean-Renoir, lycée Léo-Lagrange (Bondy), lycée Auguste-Blanqui (Saint-Ouen), lycée d’Alembert (Aubervilliers), lycée Frédéric-Bartholdi (Saint-Denis), lycée Arthur-Rimbaud (La Courneuve), lycée Jean-Moulin (Le Blanc-Mesnil)
  • Val-de-Marne : lycée Gutenberg, lycée Saint-Exupéry – (Créteil), lycée Gabriel-Péri (Champigny-sur-Marne)
  • Essonne : lycée du Parc-des-Loges (Evry-Courcouronnes), lycée Jean-Isoard (Montgeron), lycée Nelson-Mandela (Etampes)
  • Yvelines : lycée Jean-Rostand (distributeur reçu et en cours d’installation) (Mantes-la-Jolie), lycée Le-Corbusier (Poissy), lycée Adrienne-Bolland (Poissy), lycée Henri-Matisse (Trappes), lycée Vaucanson (Les Mureaux), lycée Jules-Ferry (Conflans-Sainte-Honorine)
  • Val-d’Oise : lycée Edmond-Rostand (Saint-Ouen-l’Aumône), lycée Julie-Victoire-Daubié (Argenteuil)
  • Seine-et-Marne : lycée Charles-Baudelaire (Meaux), lycée Henri-Becquerel (Nangis)

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Attention aux chocs toxiques !

Attention aux chocs toxiquesLa Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) alerte sur les dangers de la coupe menstruelle, également appelée "cup". Ce dispositif constitue une alternative hygiénique aux tampons et aux serviettes hygiéniques lors des règles. Mais tout comme le tampon, l'utilisation de la "cup" peut également entraîner un choc toxique, explique la DGCCRF dans une enquête réalisée en 2019.

En tout, 19 coupes différentes ont été analysées afin de vérifier "la clarté et la visibilité des avertissements concernant le risque de choc toxique et les précautions d'utilisation à prendre pour l'éviter sur les étiquetages et les notices." Résultat : les informations nécessaires pour se servir correctement des "cups" ne figure pas toujours sur les notices d'utilisation.

En décembre 2019, l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentaire, environnement et travail) s'était déjà penchée sur la sécurité des tampons et des coupes menstruelles. Son rapport mentionnait des traces de substances chimiques retrouvées dans les coupes menstruelles, mais dans des quantités plus faibles que dans les tampons. La question d'un possible choc toxique dû à la "cup" avait également été abordé dans ce rapport. "L'hypothèse entre le risque de syndrome de choc toxique menstruel et la composition de ces produits ou la présence de substances chimiques résiduelles a été émise par les experts. Cependant, aucun élément de la littérature scientifique et selon les résultats de cette saisine, ne permet à ce jour de confirmer ou d'infirmer cette hypothèse."

De meilleures notices pour une meilleure utilisation

Le syndrome de choc toxique, une propagation rapide de bactéries dans tout l'organisme via la circulation sanguine, est provoqué par des toxines libérées par certaines bactéries, comme les staphylocoques dorés. Ces toxines, qui se répandent, vont s'attaquer aux organes du corps humain. Les "cups" favorisent l'apparition de ces chocs toxiques dans la mesure où du sang stagne dans le vagin et crée un environnement propice à la multiplication des bactéries. Certaines femmes sont naturellement porteuses de souches particulières de staphylocoques. Chez elles, le sang qui stagne entraîne la multiplication de cette source dangereuse et les expose au choc.

Le syndrome de choc toxique "est causé par une toxine, la TSST-1 (Toxic shock syndrom txn-1), produite par une bactérie, le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus). Le développement d'un choc toxique est associé aux trois conditions suivantes : une colonisation vaginale par une souche de staphylocoque doré de la TSST-1, le passage d'une quantité suffisante de TSST-1 à travers l'épithélium vaginal pour entraîner la pathologie et l'absence ou l'insuffisance d'anticorps anti-TSST-1", explique le rapport de l'Anses.

Les chocs toxiques pourraient être évités si les "cups" faisaient clairement mention des durées d'utilisation maximale des coupes menstruelles, selon la DGCCRF. Les notices mentionnent différentes durées d'utilisation allant de 4 à 12 heures, ainsi que des consignes variables pour la porter toute la nuit. Mais les autorités sanitaires ne recommandent de porter ce dispositif que 8 heures au maximum et de ne pas dormir avec. Mal utilisée, la coupe menstruelle fait courir un danger tout aussi important que les tampons sur le plan bactériologique.

Les fabricants déjà épinglés par l'Anses

Au cours de l'année passée, 13% des femmes expliquent avoir changé de protection pour passer à la coupe menstruelle selon un sondage Opinion Way réalisé en 2017 pour l'Anses. La cup est utilisée par 9% des femmes, en particulier les 25-34 ans. Fin 2019 déjà, l'Anses recommandait aux utilisatrices de mieux respecter les recommandations d'utilisation des industriels, en particulier sur la durée du port des tampons et des coupes. Elle indiquait aussi qu'il est préférable d'utiliser une protection externe la nuit, donc une serviette ou un protège-slip, afin de diminuer le risque de développer un choc toxique compte tenu de la durée du port.

Aux industriels des protections hygiéniques, l'Anses recommandait déjà d'améliorer l'information aux utilisatrices, de supprimer les substances parfumantes pour les serviettes hygiéniques, de réduire la part de substances chimiques dangereuses, de fixer un seuil pour certaines d'entre elles (les dioxines et les furanes chlorés), ainsi que de fixer des normes pour réaliser des essais avant commercialisation.

En France, les protections externes, serviettes hygiéniques et protège slips sont les plus plébiscitées, avec 91% d'utilisatrices selon le sondage Opinion Way réalisé pour l'Anses en 2017. 21% des femmes ne se servent que de cette protection, le reste des répondantes déclarent privilégier deux types différents de protections (surtout des tampons associés à des serviettes ou des protège-slips). Les plus jeunes, de la tranche des 13-24 ans, sont même 33% à ne se servir que de cette protection.

Article de Sciences et Avenir

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